Dans de nombreux pays africains, la précarité menstruelle constitue un obstacle entravant l’accès des filles à l’éducation, entraînant leur absentéisme et leur décrochage scolaire dans certains cas.
Le Ghana vient de se doter d’un « Guide d’autonomisation pour la santé menstruelle », un document conçu pour lutter contre la stigmatisation, le silence et la désinformation autour des menstruations, en particulier dans les zones rurales et défavorisées du pays. Le guide a été élaboré par l’Organisation de la jeunesse verte d’Afrique (GAYO, en anglais), une ONG locale, en collaboration avec le Service de santé du Ghana, un organisme relevant du ministère de la Santé.
Décrit comme une « révolution de poche », le document se veut un outil pratique permettant aux filles d’acquérir des connaissances essentielles en matière de santé menstruelle, ainsi que sur des sujets plus larges de santé sexuelle et reproductive, notamment le consentement, la grossesse, la protection et l’estime de soi, a rapporté l’agence de presse ghanéenne (GNA).
« Ce guide n’est pas que de l’encre sur du papier ; il est l’écho de chaque fille qui a déjà demandé : “Que m’arrive-t-il ?” Il est écrit pour elle, avec elle, et pour la libérer », a déclaré un responsable de GAYO. « Les serviettes, c’est bien. Mais la connaissance, c’est mieux… la liberté commence dans l’esprit », a-t-il plaidé, appelant à intégrer l’éducation menstruelle dans les politiques nationales, telles que l’Initiative des serviettes hygiéniques gratuites.
« Ce guide ne parle pas seulement de menstruations, mais aussi de sexualité, de consentement, de grossesse, de plaisir, de protection et de fierté. Il est audacieux, car nos filles sont audacieuses. Il est simple, car la clarté est une forme de pouvoir. Et il est accessible, car la dignité ne devrait pas dépendre de la distance entre une personne et les grandes villes », a-t-il dit, cité par la GNA.
Il a exhorté les familles, les enseignants, les leaders religieux et les décideurs politiques à utiliser ce guide comme point de départ pour initier des conversations importantes dans les foyers, les salles de classe, les églises et les mosquées.
Dans de nombreux pays en Afrique subsaharienne, les menstruations sont entourées de silence, de stigmatisation et de désinformation en raison des tabous et des barrières socioculturelles. Dans ces pays, la « précarité menstruelle » constitue un obstacle entravant l’accès des filles à l’éducation, entraînant leur absentéisme et leur décrochage scolaire dans certains cas.
La précarité menstruelle désigne l’incapacité à se procurer et à accéder aux produits menstruels, aux installations sanitaires et d’hygiène, ainsi qu’à l’éducation et à la sensibilisation pour gérer la santé menstruelle, selon l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes).
dpa/Planete224

























