L’Afrique souffre d’un manque « criant » de ressources en matière de services de santé mentale.
Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), une agence spécialisée de l’Union africaine (UA), ont étendu à trois pays supplémentaires : la Côte d’Ivoire, le Zimbabwe et le Kenya, un programme qui, selon l’agence, vise à former des leaders africains « transformateurs » en santé mentale, un domaine négligé dans de nombreux pays du continent.
Baptisé Programme de leadership en santé mentale (MHLP, en anglais), cette initiative phare de trois ans est mise en œuvre avec le soutien du « Wellcome Trust », une fondation caritative en médecine basée en Grande-Bretagne, a indiqué Africa CDC. Ce programme de formation, lancé en 2024 au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, et en Égypte, a été conçu pour relever les défis liés à la santé mentale en Afrique, a-t-on ajouté.
En effet, la santé mentale est « l’un des domaines les plus négligés » sur le continent qui souffre d’un manque « criant » de ressources en matière de services de santé mentale, a-t-on précisé. Le MHLP vise à renforcer les systèmes publics de santé mentale, à constituer un vivier de professionnels dans ce domaine et à soutenir les organisations de la société civile qui militent en faveur de la santé mentale, a-t-on poursuivi.
Il met un accent sur le renforcement des compétences en leadership et en plaidoyer, entre autres, pour améliorer l’intégration des services de santé mentale dans les soins de santé primaires, a-t-on relevé. « Négliger la santé mentale nous empêche d’atteindre la couverture sanitaire universelle et tous les autres objectifs majeurs en matière de santé » en Afrique, a dit un responsable de l’Africa CDC.
Le MHLP a été lancé en 2024 sur deux sites de formation : l’Université américaine du Caire (Égypte) et l’Université d’Ibadan (Nigeria), a-t-on rappelé. En 2025, il a inclus trois institutions supplémentaires : l’Université de Bouaké en Côte d’Ivoire, l’Université du Zimbabwe et le Kenya Medical Training College, un établissement public relevant du ministère kényan de la Santé.
Les troubles mentaux représentent 13 pour cent de la charge mondiale de morbidité, la dépression étant l’une des principales causes d’invalidité, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Avant la pandémie Covid-19, l’Afrique subsaharienne comptait plus de 116 millions de personnes vivant avec des troubles mentaux, selon des chiffres publiés en 2022 par l’agence onusienne spécialisée.
La région compte moins de deux agents de santé mentale pour 100 000 habitants (contre une moyenne mondiale de 13 agents), et un seul psychiatre pour 500 000 habitants, ce qui est 100 fois inférieur à la recommandation de l’OMS.
dpa

























