Conakry, 18 janvier 2026 – La coopération sanitaire entre la France et la Guinée franchit une nouvelle étape. En marge de l’investiture du président Mamadi Doumbouya, la ministre française déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Eléonore Caroit, a placé la lutte contre les épidémies au cœur de son déplacement officiel.
Un laboratoire de pointe pour traquer les virus
Au sein de l’Institut Pasteur de Guinée, la ministre a visité les installations de haute sécurité, dont le laboratoire P3, cofinancé par la France. Véritable bastion scientifique, ce centre permet aux chercheurs de détecter et d’analyser les pathogènes les plus dangereux, dans un pays marqué par les traumatismes d’Ebola et de la Covid-19.
« One Health » : une approche globale
Eléonore Caroit a rappelé l’importance de la stratégie « One Health », qui relie santé humaine, santé animale et environnement. Pour elle, « la santé n’a pas de frontières », et seule une approche intégrée peut prévenir les crises sanitaires mondiales.
Cette coopération dépasse les laboratoires de Conakry : grâce à l’Agence française de développement (AFD), quatre hôpitaux sont en construction dans différentes régions du pays, afin de renforcer le maillage territorial et d’améliorer la détection précoce des foyers épidémiques.

Lyon, prochaine étape de la diplomatie sanitaire
La ministre a annoncé la tenue du Sommet One Health le 7 avril prochain à Lyon, en présence de l’OMS, d’experts internationaux et de la Guinée. Cette rencontre vise à inscrire Conakry dans la gouvernance sanitaire mondiale. « Détecter précocement une pandémie ici, c’est protéger le monde entier », a-t-elle souligné.
La France, partenaire majeur malgré les contraintes
Interrogée sur les restrictions budgétaires à Paris, Eléonore Caroit a réaffirmé la priorité donnée à la santé mondiale. La France s’impose désormais comme le principal bailleur de fonds de la santé guinéenne, tout en appelant à une mobilisation accrue des ressources locales et du secteur privé.
Une circulation des savoirs
Au-delà des infrastructures, la ministre a insisté sur la « mobilité de l’intelligence » : chercheurs français travaillant sur les eaux usées de Conakry, médecins guinéens formés dans les universités françaises… Cette dynamique illustre une francophonie scientifique vivante et essentielle.
Avant de quitter l’Institut Pasteur, Eléonore Caroit a promis de revenir pour suivre les chantiers hospitaliers en cours. Son message est clair : entre Paris et Conakry, la solidarité sanitaire n’est pas une option, mais une nécessité vitale.
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