Les résultats indiquent que les patients suivis par ces agents profanes ont obtenu un meilleur contrôle de leur tension artérielle que le groupe témoin pris en charge dans les centres de santé.
Testée en milieu rural, l’expérience pourrait être reproduite dans d’autres pays à faibles ressources, selon les chercheurs, pour d’autres maladies chroniques comme le diabète.
Des villageois, sans formation médicale initiale mais formés et assistés par une application sur tablette, peuvent mieux contrôler l’hypertension que les soins conventionnels dispensés dans les centres de santé, selon une étude menée au Lesotho par l’Université de Bâle et l’ONG suisse SolidarMed. Publiée dans la revue Nature Medecine, l’étude montre que des habitants locaux, formés pendant deux semaines, sont capables de dépister, suivre et traiter l’hypertension non contrôlée à l’aide d’outils numériques, dans des régions isolées où l’accès aux médecins reste limité.
L’expérience a mobilisé 103 agents communautaires, qui ont dépisté plus de 6 600 adultes dans les villages participants. Environ 1 200 personnes souffraient d’hypertension, dont près de 500 présentaient des niveaux critiques nécessitant un traitement médicamenteux immédiat, selon les données de l’étude. Les résultats indiquent que les patients suivis par ces agents profanes ont obtenu un meilleur contrôle de leur tension artérielle que le groupe témoin pris en charge dans les centres de santé. Aucune différence significative n’a été observée en matière d’effets indésirables graves, attestant de la sécurité de ce dispositif décentralisé.
Les maladies non-transmissibles progressent rapidement
Le Professeur Niklaus Labhardt, co-directeur de l’étude, estime que cette méthode permet de désengorger les structures de santé tout en rapprochant les soins des populations vulnérables. Elle contribue également à réduire les hospitalisations et les risques d’accident vasculaire cérébral dans les zones mal desservies. Les auteurs soulignent que l’hypertension constitue une menace croissante en Afrique subsaharienne, où les maladies non-transmissibles progressent rapidement, alors que les systèmes de santé restent largement orientés vers la prise en charge des maladies aigues et infectieuses.
L’étude s’inscrit dans le programme de recherche pluriannuel « Community Based Chronic Care Lesotho » (ComBaCaL), une coopération de recherche appliquée entre la Suisse et le Lesotho, financée par TRANSFORM, un programme de la Direction suisse du développement et de la coopération.
dpa

























