Lors d’une conférence de presse tenue vendredi, à l’occasion du lancement du site du Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA) et de la répartition des droits destinés aux acteurs culturels, le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, a tiré la sonnette d’alarme sur des dérives dans le dispositif d’assurance maladie accordé aux artistes.
Le ministre a dénoncé des pratiques frauduleuses impliquant certains bénéficiaires, en complicité avec des professionnels de santé. « Vous avez des personnes qui ne souffrent que de simples céphalées, mais qui obtiennent des ordonnances largement exagérées. Là où deux comprimés de paracétamol suffiraient, on leur prescrit des médicaments pouvant atteindre jusqu’à 20 millions de francs guinéens », a-t-il déclaré, visiblement indigné.
Selon lui, ces prescriptions gonflées sont ensuite utilisées dans des pharmacies partenaires où les patients ne récupèrent qu’une partie des médicaments, pour une valeur estimée à environ 500 000 francs guinéens. Le reste de la somme serait détourné et partagé entre les différents acteurs impliqués. Plusieurs cas similaires auraient déjà été identifiés.
Face à ces abus, Moussa Moïse Sylla annonce des mesures strictes. Il affirme avoir donné des instructions au BGDA et à la compagnie d’assurance NSIA afin de renforcer les mécanismes de contrôle. « Désormais, tout sera vérifié : hospitalisations, prescriptions et délivrance des médicaments. Nous ne voulons pas que quelques individus détournent cette politique au détriment de l’ensemble des bénéficiaires », a-t-il insisté.
Le ministre a également rappelé que ce programme repose sur un mécanisme progressif dont la pérennité est menacée par ces pratiques. « Si elles se poursuivent, les fonds prévus pour couvrir les assurés pourraient être épuisés avant la fin de l’année », a-t-il averti, soulignant la nécessité de préserver la viabilité du système.
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