Des tests sérologiques développés en Allemagne sont actuellement évalués au Kenya et au Nigeria pour améliorer la détection de l’infection transmise par les poux de corps.
Des chercheurs allemands ont identifié les mécanismes moléculaires qui permettent à l’agent responsable de la fièvre récurrente à poux, encore présente dans la Corne de l’Afrique, d’échapper au système immunitaire, ouvrant la voie à de nouveaux tests diagnostiques et à de futurs vaccins. Une équipe de l’Université Goethe de Francfort et de l’Université Justus-Liebig de Giessen a identifié cinq protéines produites par la bactérie responsable de la maladie (Borrelia recurrentis). Ces protéines lui permettent de neutraliser une partie du système immunitaire inné de l’organisme et de survivre dans le sang.
Les chercheurs ont déjà développé des tests diagnostiques permettant d’identifier rapidement l’agent pathogène. « Nous sommes déjà très avancés dans ce domaine et menons actuellement des études au Kenya et au Nigeria avec des tests sérologiques développés dans notre laboratoire », indique le Pr Peter Kraiczy, responsable de l’équipe de recherche.
La maladie a suscité l’attention en 2015
Les protéines identifiées pourraient également servir de base au développement de futurs vaccins contre cette maladie infectieuse. Le microbiologiste explique que les vaccins pourraient être essentiels pour se préparer à des épidémies de plus grande ampleur. « Bien que les poux de corps européens ne soient pas porteurs de l’agent pathogène pour le moment, nous devons partir du principe qu’à la suite de troubles et de crises futurs, des personnes malades pourraient de nouveau arriver en Europe et introduire des poux de corps infectés », explique-t-il.
Aujourd’hui, des foyers isolés de fièvre récurrente à poux persistent en Érythrée, en Éthiopie, en Somalie et au Soudan du Sud. L’étude indique que, même en l’absence de la bactérie dans les poux de corps en Europe, la maladie a suscité l’attention en 2015 après plusieurs diagnostics chez des réfugiés dans différents pays européens. La fièvre récurrente à poux fait partie des maladies négligées liées à la pauvreté. En l’absence de traitement, l’infection est mortelle dans près de 20 pour cent des cas, en particulier dans les régions du monde où l’accès aux soins médicaux n’est pas garanti.
dpa

























