La Libye poursuit la reconstruction de ses services publics, des années après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, qui a plongé le pays dans l’instabilité politique et sécuritaire.
La Libye a lancé deux programmes nationaux visant à améliorer l’accès aux soins de santé pour les familles et les élèves, dans le cadre de la reconstruction d’un système sanitaire fragilisé par plus d’une décennie de conflits. Ces initiatives doivent renforcer les soins de proximité et la prévention en milieu scolaire, avec pour objectif, à terme, de contribuer à la couverture sanitaire universelle.
Le premier, baptisé « Programme national de santé communautaire », prévoit le recrutement et le déploiement de 3.500 agents de santé à domicile au cours des deux prochaines années. Ces derniers effectueront des visites auprès des familles pour assurer le suivi des femmes enceintes, le dépistage nutritionnel des enfants et la promotion de la vaccination.
Les zones rurales et les populations vulnérables, où l’accès aux soins reste limité, seront ciblées en priorité. Le programme est soutenu par la Fondation Mastercard, ainsi que par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Unicef et l’agence allemande de coopération internationale (GIZ).
« Stratégie nationale pour la santé et la nutrition scolaires »
Les ministères libyens de la Santé et de l’Education ont par ailleurs adopté une « Stratégie nationale pour la santé et la nutrition scolaires 2026-2030 », qui prévoit la modernisation des infirmeries scolaires, l’amélioration de la qualité nutritionnelle des repas et le renforcement du soutien psychologique aux élèves.
Un système numérique, le SHNS (« School Health and Nutrition System »), doit être progressivement déployé pour centraliser les données sanitaires des élèves et faciliter leur orientation vers les structures de soins. Selon les autorités, ces deux dispositifs doivent permettre un suivi continu de la santé des enfants et des familles, du domicile à l’école.
Un secteur affaibli par des années d’instabilité
Ce lancement intervient alors que la Libye poursuit la reconstruction de ses services publics, des années après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, qui a plongé le pays dans l’instabilité politique et sécuritaire. Selon des agences de l’ONU, le secteur de la santé a été particulièrement touché par les conflits, avec des pénuries récurrentes de personnel qualifié, de médicaments essentiels et d’équipements, notamment dans les régions éloignées des grands centres urbains.
Le recours à des agents de santé communautaires s’inspire de modèles déjà appliqués dans d’autres pays en développement pour rapprocher les soins des populations. L’introduction d’outils numériques de suivi s’inscrit dans les efforts de modernisation d’un système longtemps marqué par la fragmentation institutionnelle.
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