A l’occasion de la célébration de la Journée Internationale de la Fille, la Directrice Exécutive du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, M’Mahawa Camara, a dénoncé le fossé entre les engagements internationaux pris par la Guinée et la réalité vécue par les victimes de violences basées sur le genre. Pour y répondre, son organisation a mis en place un village informatif afin de rapprocher les services des populations.
À l’entame de son intervention, M’Mahawa Camara s’est réjouie de la tenue de cette célébration avant de rappeler son sens profond : « Il faut retenir qu’en célébrant aujourd’hui cette journée, ce n’est pas seulement une journée de commémoration, mais un moment de réflexion, de mobilisation et surtout d’engagement pour garantir aux jeunes filles le droit de grandir, d’apprendre et de choisir leur vie.»
La responsable a rappelé que la Guinée a ratifié plusieurs instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes et des filles, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et le Protocole de Maputo.
« Cependant, le défi reste son application effective, car entre les engagements institutionnels et la réalité vécue par les survivantes, il y a un long fossé », a-t-elle fait savoir.
Pour elle, le combat ne s’arrête pas au dépôt de plainte :«Déposer plainte est une étape essentielle, mais encore faut-il que la procédure suive son cours, que la survivante soit accompagnée, protégée et prise en charge et que justice lui soit rendue.»
C’est dans cette perspective que le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée a donné une dimension particulière à cette journée avec un village informatif de lutte contre les VBG.
« Nous avons constaté que beaucoup de femmes et de filles ne connaissent pas suffisamment leurs droits, les services disponibles, les structures auxquelles s’adresser, ni les démarches à suivre lorsqu’elles sont victimes de violences.
À travers les différentes tables thématiques, nous voulons rapprocher la population de l’information et rendre le mécanisme plus accessible, avec plus de prévention, de protection et d’orientation. Notre ambition est simple : orienter, protéger et accompagner. Mais en tant que société civile, nous n’avons pas tous les pouvoirs », a-t-elle souligné.
M’Mahawa Camara a ainsi interpellé directement les autorités:«Je voudrais interpeller les départements ministériels concernés, notamment le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, le ministère de la Santé, le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, le ministère de l’Administration du Territoire et le ministère de l’Éducation. Aux côtés de la police, de la gendarmerie, des tribunaux, des juridictions pour enfants, des services de médecine légale, des structures sanitaires et des collectivités locales, nous devons construire une réponse cohérente. »
« La société civile ne peut pas à elle seule mener ce combat. Nous avons besoin d’institutions engagées, coordonnées et disposant des moyens nécessaires pour agir. Nos autorités, nous avons besoin de vous, de votre engagement, mais surtout de vos actions », a-t-elle conclu.
De son côté, la Cheffe de Cabinet du ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, s’exprimant au nom de Madame la Ministre, a remercié le Club pour l’initiative. «Investir dans la protection des filles, c’est aussi investir dans l’éducation. Le département ne ménagera aucun effort pour accompagner les familles et permettre aux jeunes filles d’aller de l’avant. La lutte contre le mariage des enfants ne concerne pas seulement ces jeunes, elle concerne tout le monde. Continuons à investir pour mettre fin à ce fléau », a-t-elle lancé.
Par Aboubacar II Sylla
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