BONJOUR OUMAR SACKO, VOUS ETES LE FRERE AÎNÉ DE MOHAMED SACKO, QUE SAVEZ-VOUS DE SON ARRESTATION ?
Je peux vous dire que parmi les jeunes critiques du régime actuel figure Mohamed SACKO, un militant attaché aux valeurs républicaines. Respecté de ses camarades de lutte.
Tout a commencé en ce jour fatidique du 28 juillet 2022 lors d’une campagne citoyenne avec quelques membres des forces vives de la Nation. Dans la nuit du 27 au 28 juillet 2022, il colla des affiches portant le slogan : « Une voix libre pour chaque citoyen ». Les affiches ne contenaient ni insultes ni appels à la violence, mais elles critiquaient le pouvoir en place. Dans la journée du 28 juillet, mon jeune frère Mohamed SACKO menait ses activités de mobilisation au nom du RPG, le parti politique qu’il représente dans le quartier Yimbaya. Vers deux heures du matin, alors que Mohamed SACKO dormait déjà, plusieurs véhicules de sécurité arrivèrent brusquement. Des agents en uniforme descendirent et ordonnèrent à tous de se mettre contre un mur. Sans présenter de mandat, ils confisquèrent les téléphones et emmenèrent Mohamed loin de nos yeux. Le lendemain, après toute une nuit blanche, l’information nous parvient selon laquelle un « agitateur » avait été arrêté pour atteinte à la sécurité de l’État. Pourtant, aucune preuve d’un quelconque complot n’était présentée. Pendant plusieurs jours, sa famille ne sut même pas où il était détenu. L’affaire suscita rapidement des réactions. Ses camarades défilèrent autour de notre maman pour la rassurer de sa libération. Tous affirmèrent que ses droits fondamentaux avaient été violés. Plusieurs membres de sa corporation politique dénoncèrent ce qu’ils considéraient comme une arrestation politique, c’est-à-dire une arrestation motivée principalement par les opinions ou les activités politiques d’une personne plutôt que par un véritable crime ou délit.
DITES-NOUS COMMENT IL A RETROUVE SA LIBERTE ?
C’est grâce à des personnes de bonne volonté que mon jeune frère a recouvré sa liberté sans procès ce jour 20 novembre 2022.
MERCI !
Je vous en prie !
MOHAMED SACKO, BONJOUR.
Oui bonjour !
VOUS PERMETTEZ ?
Oui, bien sûr !
VOUS VENEZ DE SORTIR DE LA PRISON. QUEL EST VOTRE SENTIMENT ?
Je suis profondément déçu. J’espérais sincèrement un résultat différent, mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Cette situation me laisse un sentiment de tristesse et d’amertume difficile à oublier.
POUVEZ-VOUS FAIRE UNE DECLARATION SUITE A VOTRE ARRESTATION ?
Je suis très fatigué et épuisé. Je déclare tout simplement qu’un État est fort lorsqu’il accepte la critique, pas lorsqu’il emprisonne les voix dissidentes.
Mes chers compatriotes,
Aujourd’hui, je prends la parole avec gravité et indignation pour dénoncer une situation qui interpelle la conscience de notre nation tout entière. Dans notre pays, des citoyens sont parfois arrêtés non pas pour des actes criminels avérés, mais pour leurs opinions, leurs convictions ou leur engagement dans le débat public. Lorsqu’un homme ou une femme est privé de sa liberté pour avoir exprimé une opinion différente, c’est la démocratie elle-même qui se retrouve menottée. L’arrestation de voix dissidentes ne renforce pas l’État ; elle fragilise la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Une nation forte n’est pas celle qui réduit ses critiques au silence, mais celle qui accepte la contradiction, le débat et la diversité des points de vue. Nous devons refuser la peur comme mode de gouvernance. Nous devons refuser que la liberté d’expression devienne un risque et que l’engagement citoyen soit assimilé à un crime. La Guinée a besoin de dialogue, de justice et de rassemblement. Elle a besoin d’institutions qui protègent les droits des citoyens sans distinction d’opinion politique. J’en appelle aux autorités compétentes pour qu’elles garantissent le respect des libertés fondamentales consacrées par nos lois et nos engagements internationaux. J’en appelle également à tous les Guinéens pour qu’ils demeurent attachés aux valeurs de paix, de justice et de respect mutuel. L’histoire nous enseigne qu’aucune prison ne peut enfermer durablement une idée juste, et qu’aucune intimidation ne peut étouffer indéfiniment l’aspiration d’un peuple à la liberté.
Vive la justice, vive la liberté, et vive la République de Guinée.
MOHAMED SACKO, QU’ES-CE QUI A MOTIVE VOTRE ARRESTATION ?
Je ne saurais dire assez. Je pense que mes prises de parole, mes positions critiques à l’égard des autorités et mon engagement dans le débat public sont à l’origine de mon incarcération, laquelle est dépourvue de tout fondement juridique.
NOUS AVONS RENCONTRE VOTRE MAMAN, FATOUMATA MANSARE, MAIS ELLE N’A PAS VOULU DONNER SON SENTIMENT :
Oui, elle est sous le choc. Imaginez un peut ce qu’une maman récent lorsqu’elle croit avoir perdu son fils et qu’elle le retrouve abattu, affaibli, …
QUE COMPTEZ-VOUS FAIRE MAINTENANT ?
Je compte me rendre, à la charge de mes parents, dans une structure hospitalière pour passer des examens.
OÙ PLUS PRECISEMENT ?
Certainement à l’Hôpital National DONKA.
MOHAMED SACKO, ÇA A ETE UN GRAND PLAISIR POUR NOUS DE VOUS RENCONTRER SAIN ET SAUF.
Le plaisir est partagé et je vous en remercie !
Une interview réalisée par la Rédaction Planete224.com

























