Afrique en première ligne : la baisse de financements menace les progrès contre le VIH et la polio, presque éradiquée, alertent les deux organisations allemandes.
Deux organisations allemandes, la Deutsche Stiftung Weltbevölkerung (DSW) et la German Alliance for Global Health Research (GLOHRA), alertent sur le recul des investissements en recherche et en santé mondiale, estimant qu’il accroît le risque de nouvelles crises sanitaires. La DSW et le GLOHRA rappellent qu’entre 2021 et 2024, les investissements dans la recherche et le développement liés au VIH/sida ont diminué de 500 millions de dollars, sans compter les coupes budgétaires décidées par les États-Unis depuis début 2025.
Plus de 150 millions de vies humaines ont été sauvées depuis 1974 grâce à la vaccination, selon la même source, qui souligne que certaines maladies ont été presque éradiquées. Parmi elles, la polio, qui réapparaît toutefois dans certaines régions en raison du recul des taux de vaccination. Parallèlement, le nombre de nouvelles infections au VIH augmente de nouveau de manière sensible, indiquent les deux organisations. Environ 63 pour cent des nouvelles infections mondiales surviennent en Afrique subsaharienne, et près des deux tiers concernent les femmes.
Responsabilité d’investir dans la recherche
« Dans le cadre de nos projets en Afrique de l’Est, nous constatons de manière très concrète que l’absence de médicaments vitaux affecte particulièrement les femmes et les jeunes filles », prévient Angela Bähr, membre de la direction des programmes de la DSW. Elle cite l’exemple du lenacapavir, un médicament préventif injectable administré tous les six mois, offrant une protection bien plus efficace contre le VIH que les traitements. Toutefois, son coût élevé le rend inaccessible à la majorité des patients, explique-t-elle.
Selon Nora Anton, directrice générale de la GLOHRA, les gouvernements partagent la responsabilité d’investir dans la recherche et d’intégrer les conclusions scientifiques dans les décisions politiques. « Sans un financement de la recherche fiable, équitable et durable, la santé mondiale restera hors de portée », a-t-elle souligné.
dpa
























