De nos jours, le développement du secteur privé constitue un pilier indissociable de la performance de l’investissement public. C’est dans cette optique que la Banque mondiale et la Société Financière Internationale (SFI), en partenariat avec la Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI), ont organisé un atelier d’échanges visant à mieux outiller et informer les opérateurs économiques sur les modalités d’accès aux marchés de la Banque mondiale.
La rencontre s’est tenue le 23 juin 2026 dans un réceptif hôtelier de Conakry, sous la présidence du secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, Dr Mamoudou Touré.Dans son intervention, le représentant du patronat guinéen s’est dit très satisfait de la tenue de cette rencontre, avant de marteler : « Trop de financements arrivent en Guinée et repartent parce qu’ils ne sont pas utilisés, ou parce qu’on ne sait pas comment les mobiliser. Nous devons apprendre afin de changer nos pratiques, car pour obtenir un marché auprès des institutions financières, il faut avoir un objectif clair. »
La Banque mondiale, de son côté, a réaffirmé qu’elle ne compte pas revoir ses exigences à la baisse, mais qu’elle propose un partenariat plus agile. Les consultants ont insisté sur la nécessité pour le secteur privé guinéen d’élever ses standards en matière de gestion rigoureuse, de transparence, de conformité et de durabilité environnementale et sociale.
En lançant officiellement les travaux, Dr Mamoudou Touré a rappelé quelques chiffres clés :
« Le budget de l’État, qui oscille autour de 64 000 milliards de GNF (environ 7 milliards de dollars), est exécuté en grande partie via la commande publique. Plus encore, le portefeuille d’engagement de la Banque mondiale et de la SFI s’élève aujourd’hui à 1,5 milliard de dollars pour les seuls projets d’investissement. »
Il a ajouté : « Pour transformer cette manne financière en richesse locale et durable, l’État guinéen s’est engagé à corriger les insuffisances opérationnelles des PME à travers trois leviers majeurs : l’application stricte de la loi sur le contenu local afin de protéger et valoriser les entreprises guinéennes face à la concurrence étrangère ; le rehaussement du seuil de passation des marchés publics, destiné à faciliter l’accès des PME locales aux appels d’offres ; l’évaluation globale des procédures nationales selon la méthodologie MAPS2, pour corriger définitivement les défaillances du système de gouvernance. »
Par Aboubacar II Sylla
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