Combinant quatre antipaludiques déjà approuvés, ce nouveau traitement à prise unique pourrait contribuer à freiner la résistance croissante des parasites aux médicaments.
Des chercheurs du Centre allemand de recherche sur les infections (DZIF) ont développé un traitement contre le paludisme administré en une seule dose, une innovation qui pourrait à la fois aider à contrer la résistance croissante aux médicaments et simplifier le traitement pour les patients. Baptisé SPAP, ce traitement associe quatre médicaments déjà homologués — la sulfadoxine, la pyriméthamine, l’artésunate et la pyronaridine — en une formule à dose unique. Il est actuellement en phase de préparation pour des essais cliniques à grande échelle dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
Les résultats d’un essai clinique mené au Gabon indiquent que le SPAP pourrait contribuer à surmonter deux obstacles majeurs à la lutte contre la maladie : l’augmentation de la résistance aux médicaments et la difficulté pour les patients de suivre des traitements s’étalant sur plusieurs jours. « Cette étude répond à l’un des défis les plus pressants du traitement du paludisme : maintenir l’efficacité tout en réduisant le risque de développement de résistances », explique le professeur Ghyslain Mombo-Ngoma, de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale, co-responsable du projet.
Une avancée significative dans le traitement du paludisme
Pour valider ces résultats encourageants, les chercheurs prévoient un vaste essai clinique dans plusieurs régions d’Afrique. L’objectif est d’évaluer l’innocuité et l’efficacité du SPAP dans des conditions réelles. La production des comprimés de SPAP à dose fixe pour l’étude clinique panafricaine devrait débuter cette année. Si les résultats se confirment, le SPAP pourrait constituer une avancée significative dans le traitement du paludisme en Afrique subsaharienne. Selon le DZIF, son potentiel a déjà été reconnu par l’Organisation mondiale de la santé, qui l’a inscrit sur sa liste des médicaments antipaludiques prioritaires en cours de développement.
L’Afrique demeure l’épicentre mondial du paludisme. Selon le rapport 2025 de l’OMS sur la maladie, le continent concentre environ 96 pour cent des cas recensés dans le monde, avec près de 270 millions d’infections par an, ainsi que la quasi-totalité des quelque 610 000 décès enregistrés annuellement.
dpa

























