Les capacités de prise en charge des troubles liés à l’usage de drogues demeurent limitées dans la majorité des pays africains.
Environ 74 millions de personnes consomment des drogues en Afrique, soit une prévalence de 8,6 pour cent de la population âgée de 15 à 64 ans, dans un contexte de crise sanitaire alimentée par la multiplication de nouvelles substances psychoactives et de mélanges particulièrement dangereux, selon le Rapport mondial sur les drogues 2026 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Cette étude constitue la principale référence annuelle des Nations unies pour le suivi des tendances de la production, du trafic et de la consommation de drogues à l’échelle mondiale.
Le « kush », symptôme d’une nouvelle vague de drogues de synthèse
L’Afrique de l’Ouest apparaît comme l’un des principaux foyers d’émergence de nouvelles substances psychoactives, avec la diffusion du « kush », un mélange de cannabinoïdes de synthèse, de substances chimiques et souvent d’opioïdes puissants de type nitazènes.
Face à l’ampleur des conséquences sanitaires et des décès associés, la Sierra Leone et le Liberia ont déclaré l’état d’urgence en 2024. D’autres mélanges circulent sur le continent, comme le « kadhafi » (tramadol, alcool et boissons énergisantes), le « skushi » ou encore le « nyaope », ce dernier étant surtout répandu en Afrique australe.
L’Afrique n’est plus seulement une zone de transit
Au-delà de ces nouvelles substances, les marchés de la drogue se transforment en profondeur sur le continent. Longtemps cantonnée à un rôle de zone de transit, l’Afrique est devenue à la fois un marché de consommation en expansion et un espace de production, représentant désormais plus de la moitié des quantités mondiales d’herbe de cannabis saisies, selon l’ONUDC.
Les marchés de la cocaïne et des stimulants de type amphétaminique y gagnent également du terrain. En Afrique de l’Ouest, centrale et du Nord — historiquement des zones de transit de la cocaïne sud-américaine vers l’Europe —, la demande locale progresse. La consommation de crack augmente aussi en Afrique de l’Est et australe.
La production de méthamphétamine, apparue en Afrique du Sud au début des années 2000 avant de s’implanter en Afrique de l’Ouest, s’étend désormais à l’Afrique de l’Est, repositionnant le continent dans les circuits internationaux des drogues synthétiques. L’usage détourné de médicaments, notamment le tramadol et la codéine, reste par ailleurs important en Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale.
Capacités limitées de prise en charge et réponse répressive dominante
Les capacités de prise en charge des troubles liés à l’usage de drogues demeurent limitées dans la majorité des pays africains, d’après le rapport de l’ONUDC. Les réponses publiques restent, elles, largement centrées sur la répression : l’ensemble des pays africains ayant fourni des données au rapport maintiennent la criminalisation de l’usage et de la possession pour usage personnel.
dpa

























