Réunissant responsables locaux, religieux, professionnels de santé et médias, la coalition vise à pérenniser les actions locales de sensibilisation, de prévention et de suivi contre les MGF.
Une coalition durable contre les mutilations génitales féminines (MGF) a été créée dans le gouvernorat d’Ismaïlia, dans le nord-est de l’Égypte, à l’issue d’un projet de sensibilisation financé par l’ambassade d’Allemagne. Réunissant responsables locaux, représentants religieux, professionnels de santé et médias, cette coalition vise à assurer la continuité des actions de sensibilisation, de prévention et de suivi au niveau local.
Ces acteurs avaient été mobilisés dans le cadre du projet « Tous unis pour lutter contre les mutilations génitales féminines », mené d’avril à juillet 2026 dans les villages d’Al-Riyah et d’Al-Bayadiyah par la Thaat for Sustainable Development Foundation (TSDF), une ONG égyptienne basée à Ismaïlia et engagée en faveur des droits des femmes et des filles. Le projet s’est articulé autour de trois axes : sensibiliser aux risques sanitaires, psychologiques et juridiques liés aux MGF, améliorer les mécanismes de signalement et renforcer l’application des lois criminalisant cette pratique.

Sensibilisation de proximité
Des campagnes de porte-à-porte ont permis d’aller à la rencontre des familles afin de déconstruire les idées reçues, de réfuter les justifications fondées sur la tradition et d’alerter sur les conséquences sanitaires et psychologiques de l’excision. Selon les promoteurs du projet, la persistance de croyances attribuant un fondement religieux aux MGF souligne la nécessité d’un discours religieux unifié, affirmant que cette pratique est rejetée par la religion, la loi et les principes humanitaires.
L’initiative a également contribué à briser le silence entourant les MGF dans les communautés rurales et semi-urbaines et à créer des espaces de dialogue sur les droits des enfants et des femmes. En 2021, le Parlement égyptien a adopté des amendements durcissant les sanctions contre les auteurs de MGF, afin de renforcer l’effet dissuasif de la loi et de lutter contre l’impunité.
Selon l’Enquête sur la santé de la famille égyptienne (EFHS) réalisée en 2021, environ 86 pour cent des femmes égyptiennes mariées âgées de 15 à 49 ans avaient subi des MGF, dont 74 pour cent pratiquées par des médecins. La même enquête indiquait que 37 pour cent des filles âgées de 15 à 17 ans avaient subi une excision, tandis que 13 pour cent des mères envisageaient de faire exciser leurs filles à l’avenir.
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