Conakry – La Guinée a perdu l’an dernier Bana Sidibé, bâtisseur de la capitale, dans une indifférence nationale qui a laissé un goût amer. Aujourd’hui, un autre grand serviteur du pays, Gaoussou Diaby, dernier survivant des pionniers du journalisme sportif guinéen et africain, lutte dans le silence contre les séquelles d’un AVC qui l’affaiblit depuis plus d’un an.
Un demi-siècle au service du sport
Depuis la fin des années 1960, aux côtés de Pathé Diallo, Aboubacar Kanté et Kabiné Kouyaté, Gaoussou Diaby a couvert les plus grands événements sportifs avec un professionnalisme reconnu. Football local et international, Jeux Africains et Olympiques, Rallye Paris-Dakar, cyclisme, basket-ball… pendant 50 ans, il a porté haut les couleurs de la Guinée dans l’espace francophone, aux côtés de figures telles que Léon Folquet, Mahjoub Faouzi ou Pierre Zogo.
Une reconnaissance qui tarde
Alors que le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, multiplie les gestes envers les artistes, le silence des ministères en charge de l’Information et des Sports face à la situation de Gaoussou Diaby suscite incompréhension et déception. Les organisations professionnelles des médias, elles aussi, restent immobiles, malgré l’apport considérable du doyen dans la formation et l’encadrement des générations actuelles.
Un appel à la solidarité nationale
À défaut d’une évacuation sanitaire, Gaoussou Diaby a besoin d’un soutien concret : celui des institutions qu’il a servies et de la confrérie des journalistes. Car la reconnaissance ne doit pas se limiter aux oraisons funèbres. Elle doit s’exprimer de leur vivant, pour que ces grands serviteurs s’en aillent un jour avec fierté, et non dans l’amertume.
Un devoir moral
La société guinéenne est appelée à cultiver la vertu de la reconnaissance envers ses aînés. Gaoussou Diaby, figure emblématique du journalisme sportif africain, mérite aujourd’hui la solidarité nationale. Plus qu’un geste, c’est un devoir moral.
Ensemble, solidarité pour Gaoussou Diaby.

























