Des experts indépendants de l’ONU estiment que les peuples autochtones, notamment les Pygmées, sont les plus exposés en raison de leur accès limité aux services de santé.
Des experts des droits de l’homme de l’ONU ont exprimé leur profonde inquiétude face à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, avertissant qu’elle « touche particulièrement les peuples autochtones ». Selon eux, l’épidémie est particulièrement présente à l’intérieur ou à proximité des territoires des peuples autochtones qui figurent parmi les populations les plus exposées en raison de leur marginalisation et de leur accès limité aux services de santé.
Évoquant notamment les Pygmées, les experts soulignent qu’ils demeurent souvent confrontés à une exclusion structurelle. « Ces communautés dépendent étroitement de leurs territoires et de leurs ressources naturelles. De plus, leur accès limité aux services de santé les rend particulièrement exposés à l’épidémie », relèvent-ils.
Des Experts: La vulnérabilité des peuples autochtones doit intégrée dans les stratégies de riposte
La vulnérabilité des peuples autochtones face à l’épidémie doit être reconnue et intégrée dans les stratégies de riposte, déclarent les experts. Ils estiment que la riposte doit être guidée par les normes internationales relatives aux droits des peuples autochtones, y compris leurs droits à la santé. Les peuples autochtones pygmées de la zone de santé de Wangata, à Mbandaka dans la province de l’Équateur, ont déploré, fin mai, ne pas être impliqués dans les campagnes de prévention d’Ebola. « C’est de la discrimination », affirme Jean-Clément Nzele, un des leaders des Pygmées.
La RDC a adopté en 2022 une loi qui reconnaît des droits coutumiers à la population autochtone, consacrant les droits des Pygmées et les protégeant de toutes formes de discrimination et de violence. Selon plusieurs ONG locales, les conditions de vie des Pygmées restent difficiles malgré cette loi. La RDC compte entre 700 000 et 2 millions d’autochtones, selon les estimations gouvernementales et celles de la société civile. Parmi eux figurent les peuples autochtones pygmées, dont la population est évaluée à plusieurs centaines de milliers selon les sources.
dpa

























