L’Académie des Sciences de Guinée, à travers son Collège Sciences naturelles et agronomiques, a organisé ce samedi 7 novembre 2026 une conférence scientifique sur la thématique :«La professionnalisation de l’agriculture et la modernisation des ressources financières ». Une rencontre animée par Dr Mamadou Diallo, consultant international en développement rural, en présence de l’ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré.
C’est au siège de l’Académie des Sciences de Guinée que la rencontre s’est déroulée, en présence du président de la structure, Pr Mamadou Aliou Baldé, entouré de cadres, docteurs et professeurs éminents de l’institution.
À l’entame de son intervention, le Pr Mamadou Aliou Baldé s’est dit très satisfait de la tenue de cette conférence, avant de revenir sur l’objectif de l’Académie :
« C’est d’abord de sensibiliser tout le monde, ceux qui sont à l’extérieur tout comme ceux qui sont ici, pour que chacun contribue à sa manière et selon ses moyens au développement de ce pays, à se préoccuper des problèmes qui concernent ce pays », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’Académie entretient déjà des contacts avec les compatriotes d’Europe et d’Amérique, qui commencent à venir s’impliquer. « Aujourd’hui, c’était justement le cas de l’un d’entre eux, Dr Mamadou Diallo, qui réside en Espagne et qui a beaucoup contribué au développement de pays comme le Rwanda, le Congo, le Cameroun, le Mozambique, l’Angola, etc. C’est un éminent scientifique qui a encore de la force, et nous avons estimé qu’il est très important que des hommes comme lui soient réellement un pont pour venir contribuer au bien-être de nos populations.»

Parlant du thème de la rencontre, le Pr Baldé a insisté sur l’élevage, les moyens de financement et l’agriculture, tout en attirant l’attention sur le potentiel de la Guinée. Il s’est dit ému en rappelant que la race Ndama, race bovine spécifique à la Guinée, a été adaptée au Congo grâce à l’expertise guinéenne. « Le Congo, aujourd’hui, exporte cette espèce et en tire des bénéfices en vendant la viande à l’extérieur. On a beaucoup de potentiel dans notre pays. »
Pour lui, la conjugaison des efforts de la jeunesse et de ceux qui sont même à la retraite peut faire avancer le pays. Mais il a surtout souligné un fait : il ne faut pas toujours se contenter des bailleurs de fonds étrangers.
«Nous avons des gens, nous avons des personnalités qui sont quand même riches dans ce pays, quel que soit le montant, parce qu’on est déjà riche même à partir de 50 000 francs. Ceux qui ont les moyens doivent essayer de financer des activités de chez nous, parce que là, ça devient exclusivement guinéen. Aussi bien celui qui donne les moyens que celui qui exploite les moyens, tous les deux sont des connaisseurs du pays, de ses problèmes, de ses sensibilités et de ses coutumes », a-t-il martelé.
Parlant du mégaprojet Simandou 2040, le Pr Baldé a été clair : « C’est un grand espoir pour nous, mais il faudrait que les gens agissent en conséquence pour que cela soit une réalité. Il ne faut pas simplement que ce soit des étrangers qui, à 100%, gèrent Simandou 2040. Il faudrait faire en sorte qu’à un moment donné, au moins 90% soit géré exclusivement par des Guinéens. »
Pour sa part, Dr Mamadou Diallo, consultant international dans le domaine du développement rural et conférencier du jour, s’est dit très satisfait de se retrouver avec les cadres de l’Académie.
« C’est sur la professionnalisation agricole et les stratégies de mobilisation innovante de financement durable pour assurer une croissance soutenue et inclusive de l’agriculture dans le cadre de Simandou 2040 qu’on a discuté », a-t-il expliqué.
Selon lui, ce sont des défis qui ne sont pas propres à la Guinée seulement : « Ce sont des défis en termes de capacités humaines, de formation, d’opérationnalisation, de suivi-évaluation et de valorisation de toutes ces compétences qui existent dans ce pays et qui peuvent être complétées par d’autres compétences guinéennes qui sont à l’extérieur, dans le cadre d’une approche coordonnée. »
Plus loin, il a rappelé que la Guinée a déjà été un pays de référence dans le secteur : « Nous travaillions avec toute une équipe dont les collègues sont là, pour porter la Guinée au plus haut niveau à l’échelle nationale et internationale. »
Il a annoncé que son équipe travaille actuellement sur une deuxième fiche de projet, notamment sur les métiers agricoles, la filière élevage et l’aviculture, ainsi que sur l’agroforesterie, pour pouvoir les soumettre au financement national dans le cadre des accords de partenariat que l’Académie a conclus avec les différentes institutions, mais aussi mobiliser des financements complémentaires si nécessaire.
« Il y a déjà des fiches de projets que j’ai aidé à élaborer qui sont disponibles et dont une a été présentée aujourd’hui », a-t-il précisé.

« Il y a des objectifs stratégiques qui ont été définis dans le cadre de Simandou 2040 et dans le cadre du plan quinquennal 2026-2030 qui placent l’agriculture, le commerce et les infrastructures comme un pilier de ce programme », a-t-il souligné.
C’est en application de cette volonté politique, dit-il, qu’ils travaillent à appuyer l’Académie des Sciences, mais aussi à travailler avec les ministères sectoriels pour élaborer et accompagner la mise en œuvre de ces orientations stratégiques à travers des programmes et projets.
« Toute la question de l’appui-conseil, de la formation et de la formation professionnelle pour professionnaliser l’agriculture est au cœur de nos préoccupations, et nous allons apporter ces réflexions partagées à travers des projets concrets avec les ministères de tutelle », a-t-il conclu.
Par Aboubacar II Sylla
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