Une affaire préoccupante secoue la commune urbaine de Labé. Le mardi 2 juin 2026, une importante quantité de viande jugée impropre à la consommation a été mise en vente sur plusieurs points du marché local. L’opération, orchestrée par certains membres de la corporation des bouchers, a conduit à l’interpellation de plusieurs personnes.
Origine de la viande suspecte
Selon des bouchers opposés à cette pratique, la viande incriminée aurait été offerte par des ressortissants turcs lors de la fête de Tabaski. Mal conservée, elle se serait détériorée avant d’être remise en circulation. Le président des bouchers de Labé, Boubacar Kanté, est accusé d’avoir coordonné sa distribution en complicité avec d’autres bouchers.
Témoignages de bouchers
Alpha Moussa Diallo, boucher, raconte avoir reçu l’ordre de ne pas abattre ses bœufs ce jour-là afin de laisser place à la vente de cette viande. « Nous avons compris qu’il fallait nous opposer, car il s’agissait de viande avariée destinée à la population », a-t-il déclaré.
De son côté, Mamadou Dian Sow affirme que huit points de vente avaient été ciblés pour écouler la marchandise, dont une partie aurait déjà été vendue à des clients sans qu’ils en connaissent la qualité réelle.
La défense du président des bouchers
Face aux accusations, Boubacar Kanté se défend en expliquant que son objectif était de proposer de la viande à un prix plus abordable (55 000 FG le kilogramme contre 60 000 FG lors de la Tabaski). Il estime que seule l’expertise vétérinaire peut déterminer si la viande est impropre, rejetant les critiques de ses collègues qu’il accuse de vouloir maintenir des prix élevés.
Intervention des autorités
Alertée, la brigade de recherche a saisi toute la viande suspecte et convoqué les principaux mis en cause : Boubacar Kanté, Kalidou Diallo (vétérinaire) et Elhadj Mamadou Dian Kokouma Diallo. Selon l’Inspection régionale du commerce, ils ont été placés en garde à vue en attendant la suite de l’enquête. Des dispositions sont en cours pour l’incinération de la viande afin d’éviter tout risque sanitaire.
Cette affaire met en lumière les enjeux de sécurité alimentaire et la nécessité d’une vigilance accrue dans la chaîne de distribution des produits carnés.
AT

























