Conakry – Derrière les annonces officielles sur la gratuité de l’accouchement en Guinée, la réalité des maternités raconte une tout autre histoire. Une jeune stagiaire en santé, qui a choisi de garder l’anonymat, témoigne de son quotidien dans les salles de naissance : un univers marqué par le manque de matériel, l’improvisation et la détresse des patientes.
« À l’école, on nous enseigne des règles d’hygiène strictes. Une sonde urinaire, par exemple, ne doit servir qu’à une seule femme. Mais sur le terrain, nous n’avons souvent pas le choix », confie-t-elle.
Partout, radios et télévisions vantent la gratuité de l’accouchement. Une mesure censée soulager les familles. Pourtant, dans la majorité des structures sanitaires, les kits d’accouchement annoncés ne sont pas disponibles. « On nous dit qu’ils existent, mais nous ne les voyons jamais en salle », poursuit la stagiaire.
Le paradoxe est cruel : les femmes arrivent à la maternité persuadées que tout est pris en charge. Mais face aux complications imprévisibles d’un accouchement, les soignants se retrouvent démunis. « Sans matériel, nous devons improviser. Et si un drame survient, l’administration se décharge de toute responsabilité », déplore-t-elle.
Cette situation expose les sages-femmes et stagiaires à la colère des familles. « Nous sommes insultés, humiliés, traités de tous les noms, alors que nous sacrifions nos nuits et notre santé pour sauver des vies », raconte-t-elle avec émotion.
Au-delà du cri du cœur, ce témoignage appelle à une réforme urgente. La gratuité ne peut rester un slogan. Elle doit se traduire par la présence effective des kits dans les salles de naissance. À défaut, une contribution forfaitaire transparente pourrait garantir la sécurité des patientes.
« Protégez et respectez le personnel de santé. On ne peut pas demander des miracles sans gants, sans sondes et sans matériel », insiste la stagiaire.
Ce récit n’est pas une révolte, mais une alerte. Une demande de transparence pour préserver la dignité des soignants et la vie des mamans guinéennes.
AT

























