Le Centre de lecture publique et d’animation culturelle (CELPAC) a lancé officiellement ce samedi la 3ème édition du Prix Littéraire des Lycéens de Guinée. Cinq livres en compétition, neuf établissements engagés, des centaines de jeunes lecteurs mobilisés pour faire de la lecture une force nationale.
Dans son discours de bienvenue, le Directeur général du CELPAC, Bernard Pévé Béavogui, s’est dit très satisfait du lancement officiel de cette cérémonie, avant de rappeler que cet événement est un rendez-vous avec la jeunesse.
« Un rendez-vous avec le livre et surtout, un rendez-vous avec l’avenir intellectuel, culturel et citoyen de notre pays. Une nation qui veut préparer son avenir doit d’abord apprendre à sa jeunesse à lire, à comprendre, à réfléchir et à imaginer. C’est précisément le sens de notre action au CELPAC », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette troisième édition, comme les deux précédentes, ne cherche pas seulement à désigner le meilleur livre. «Nous cherchons à faire naître une génération de lecteurs. Nous cherchons à faire de la lecture une expérience vivante. Nous cherchons à faire du livre un compagnon de formation, de réflexion et d’émancipation. Parce que lire, ce n’est pas seulement tourner les pages d’un livre. C’est apprendre à regarder le monde autrement », a-t-il expliqué.
S’adressant directement aux élèves, il a martelé : « Cette nouvelle édition vous appartient.Vous êtes au cœur de cette aventure. Durant les mois à venir, vous aurez la responsabilité de lire avec attention, de réfléchir avec exigence et de juger avec honnêteté.»
Plus loin, il les a invités à exercer leur libre arbitre : «Ne choisissez pas un livre parce qu’il est célèbre. Ne choisissez pas un livre parce qu’on vous demande de l’aimer. Lorsque viendra le moment de faire votre choix, faites-le avec votre intelligence, votre sensibilité et votre liberté de jugement. Un grand lecteur n’est pas celui qui est d’accord avec tout ce qu’il lit. Un grand lecteur est celui qui sort de sa lecture avec une pensée plus libre.»

Pour lui, la lecture est une école de liberté, de citoyenneté, de tolérance, de mémoire, mais aussi de responsabilité. « Dans une Guinée qui se transforme, qui se modernise grâce aux effets bénéfiques du gigantesque programme Simandou 2040, une Guinée qui aspire légitimement à une place toujours plus grande dans le concert des nations, la bataille du livre et de la lecture est une bataille pour notre souveraineté intellectuelle et culturelle », a-t-il souligné.
«La Direction générale des Centres de lecture et d’animation culturelle (CELPAC) est pleinement engagée dans cette mission :faire du livre et de la lecture publique des instruments accessibles à tous, sur l’ensemble du territoire national. Nous voulons rapprocher le livre de l’enfant, du jeune, de la famille, de l’enseignant, du citoyen. Nous voulons faire de nos bibliothèques et de nos espaces de lecture des lieux de savoir, de rencontre, de dialogue et d’épanouissement », a-t-il ajouté.
Il a salué l’engagement des établissements scolaires, des enseignants, des bibliothécaires, des écrivains, des éditeurs et de tous ceux qui croient encore que le livre peut changer une vie.
Parmi les établissements qui prendront part à cette compétition : Les Écureuils de Lambanyi, Harounaya Bilingue International, Phénix International, le Lycée Albert Camus, le Lycée Koron de Siguiri, le Lycée Balato de Siguiri, le Lycée Fatoya de Siguiri, le Lycée Kankalabé Naci et la Bibliothèque de Kamsar.
Aux écrivains, Bernard Pévé Béavogui a lancé cet appel : « Continuez à créer, à publier et à donner à notre jeunesse des œuvres qui parlent de notre société, de notre histoire, de nos rêves et de notre avenir. Investir dans le livre, c’est investir dans l’humain.»
« Un livre peut vous emmener là où aucun voyage ne vous conduira. Un livre peut vous faire rencontrer des hommes et des femmes que vous n’avez jamais connus. Un livre peut vous faire découvrir des époques que vous n’avez jamais vécues. Et parfois, un livre peut simplement vous aider à mieux comprendre qui vous êtes », a-t-il conclu.
Cinq livres. Neuf établissements. Une année de lecture. Des centaines de jeunes lecteurs. Mais derrière ces chiffres, il y a une ambition beaucoup plus grande : faire de la lecture une force nationale.
« Nous sommes convaincus d’une chose : un jeune qui lit est un jeune qui questionne ; un jeune qui questionne est un jeune qui pense ; un jeune qui pense est un jeune qui peut choisir ; et une jeunesse capable de choisir est une jeunesse capable de construire son pays », a-t-il martelé.
Pour sa part, un encadreur présent à la cérémonie s’est réjoui de la tenue de cette troisième édition, qui permettra aux élèves de connaître le monde.
« C’est pourquoi, nous encadreurs, nous ferons tout pour les accompagner afin qu’ils puissent vivre cette expérience de façon positive », a-t-il assuré.
Par Aboubacar II Sylla
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